Narrative
Déconstruire en couple et en famille
Dans les pratiques narratives, on s’intéresse à la singularité des personnes, à leur façon unique d’avancer dans la vie.
Pour faire des choix qui leur ressemblent, ces personnes ont parfois besoin de prendre conscience de certaines idées qui les guident, mais qui ne leur appartiennent pas. On ne voit pas le monde de la même façon si on est un homme, de la quarantaine, blanc, et occupant un poste de cadre, ou si on est une femme jeune vivant dans une petite ferme familiale en Afrique. C’est ce qu’on appelle le contexte élargi.
De fait notre société occidentale est imprégnée par de multiples normes, souvent insidieuses. Nous les repérons dans le récit par des injonctions : « il faut, tu dois … » Ces phrases toutes faitesfavorisent certains problèmes, comme le sentiment de n’être jamais à la hauteur.
Les reconnaitre, c’est apprendre à déconstruire : non pas tout balayer d’un revers de main mais comprendre ce qui sous-tend nos représentations (1).
Par exemple, dans le monde du travail, Chené Swart (praticienne narrative en Afrique du Sud) a identifié 7 discours dominants. Ils s’appellent : performance, croissance infinie, compétition, conformité, profit pour les actionnaires, changement permanent, bonheur au travail.
Comme conseillère conjugale, je me suis demandé si de tels discours pouvaient influencer aussi la vie des couples et des familles.
Et j’ai imaginé pouvoir remplacer :
- La performance … par la résilience
- La croissance infinie … par l’acceptation apaisée de nos limites et de la finitude
- La compétition …par une complémentarité souple et vivante, variant au gré des saisons du couple
- La conformité … par l’inventivité
- Le profit … par la fécondité
- Le changement permanent : par l’enracinement, même si des déplacements surviennent, inévitables
- Le bonheur : par la joie, qui peut co exister avec des épreuves
Et vous, comment résistez-vous aux normes implicites que vous impose la société ?
Quels rêves défendez-vous dans vos vies de couple, de famille ?
Que choisissez-vous d’honorer ?