Réflexion
Hier, aujourd’hui : des thérapeutes en chemin
Les CCF – conseillers conjugaux et familiaux- sont ils des thérapeutes ?
La plupart n’ont pas la qualification de psychothérapeutes, titre dont l’usage est réglementé en France (1).
Par curiosité, j’en ai cherché l’origine.
Dans l’Antiquité, la première descriptiondes thérapeutes remonte à Philon d’Alexandrie ( – 20/ + 45 après J.-C.), un philosophe juif de culture grecque. A cette époque, être thérapeute signifiait à la fois rendre un culte et prendre soin.
Les thérapeutes présentaient alors quatre caractéristiques :
– une attention à leur corps, et en particulier à l’alimentation (limitée au strict nécessaire et consommée lentement)
– un intérêt pour les images représentant l’Absolu (le Beau, le Vrai, le Bien)
– une vigilance pour accorder leur propre comportement à leur désir profond, source de santé
– une pratique de la méditation (2)
Ainsi, les thérapeutes semblaient animés d’un double mouvement :
– vers autrui
– vers soi même
Comme si pratiquer une forme d’ascèse personnelle, rechercher une cohérence interne tout en s’inscrivant dans une dimension plus large, presque métaphysique, devenaient la condition pour aider les autres.
Les personnes rencontrées en conseil conjugal soulèvent des questions universelles: Pourquoi traverse t’on des crises ? Quels choix réaliser ? Comment mieux aimer ?
Tous, nous partageons les mêmes difficultés, aspirations et espoirs.
Pour accompagner au mieux ceux que nous croisons, reconnaissons avec humilité que nous aussi nous marchons et tâtonnons sur le chemin, rude et joyeux, de la vie humaine.
Un chemin vers soi, vers l’autre. Et avec les autres.
(1) Décret du 20 mai 2010.
(2) Prenez soin de votre âme, petit traité d’écologie intérieure, Jean-Guilhem Xerri, Spiritualité Lexio, 2021