Travail
Le chantier en bas de chez moi
Tout le quartier en parle. Les conversations entre voisins vont bon train : on ne s’étonne plus de la météo inhabituelle, mais on râle : le stationnement est impossible, les embouteillages, permanents. On s’interroge sur la modification du plan de circulation : cet automne la rue deviendra en sens unique. Chouette, ce sera moins bruyant. Mais quel trajet compliqué pour accéder au garage ! On nous promet aussi la plantation d’arbres : voici une bonne nouvelle !
Et puis il y a des curieux. Les écoliers s’arrêtent et observent les engins. Leurs parents se lancent dans des explications. Un enfant pleure : son ballon est tombé au fond d’une tranchée. Des riverains (surtout des hommes) font un détour pour regarder, commentent la profondeur des trous : il paraît qu’une rivière souterraine coule, l’avez-vous aperçue ?
Jour après jour, ça change. Les fouilles sont comblées. Le matériel entreposé ici ou là n’est plus le même. L’enrobé ressemble à un patchwork. Depuis plusieurs mois le schéma des réseaux est tracé, multicolore. Impossible de se déplacer sans suivre les flèches.
Plusieurs entreprises travaillent ici. Non, je ne les connais pas (c’est mieux ainsi).
La cabane de chantier est bien isolée, dans un coin tranquille. Les compagnons pourront déjeuner au parc s’il fait beau. Un petit coup d’œil pour voir si la disqueuse est utilisée avec de l’eau. Tiens, les bordures sont posées à la mini pelle. Le conducteur d’engin m’a saluée ce matin, cela m’a fait plaisir.
Un quartier en mouvement.
Des paroles, des projets.
Des hommes, de l’activité.
Un chantier, c’est vivant.
J’aime bien travailler dans le BTP

